Fahrenheit 451 [Ray Bradbury]

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Je suis très contente d’inaugurer aujourd’hui une nouvelle catégorie sur le blog : celle de la littérature de l’imaginaire. Je n’ai pas l’habitude de lire des livres de science-fiction, fantasy ou fantastique, mais ma curiosité me pousse de plus en plus à découvrir ce genre que je connais très mal. Et quoi de mieux que de commencer par un classique, Fahrenheit 451 ?!

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“Fahrenheit 451 : température à laquelle le papier s’enflamme et se consume.” Ainsi commence le livre de Ray Bradbury. Dans une société où les livres sont perçus comme une menace et une atteinte au bonheur, les pompiers ont pour mission de les brûler. Pour protéger “la paix de l’esprit”, ils les détruisent systématiquement, sans même savoir pourquoi et sans avoir de recul sur leurs actions. “Réfléchir” est ainsi devenu un mot obsolète, une activité à laquelle les personnages du roman ne s’adonnent plus si souvent. Trop occupés à s’entourer de quatre murs-écrans diffusant des émissions abrutissantes à longueur de journée, ils ont oublié ce que c’était que d’analyser, mettre en perspective et se construire un avis sur quelque chose.

On doit tous être pareils. Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être l’image de l’autre, comme ça tout le monde est content ; plus de montagnes pour les intimider, leur donner un point de comparaison. Conclusion ! Un livre est un fusil chargé dans la maison d’à côté. Brûlons-le. Déchargeons l’arme. Battons en brèche l’esprit humain. (p.87)

Fahrenheit 451 est porté par son personnage principal, Montag, qui est d’ailleurs pompier. Quand on le rencontre au début du livre, on comprend tout de suite que sa vie est en train de basculer : alors qu’il rentre chez lui un soir, il fait la connaissance de Clarisse, une jeune femme qui a le don de poser des questions et qui fait sortir le héros de sa zone de confort. En arrivant chez lui, il retrouve sa femme à côté d’une boîte de médicaments vide -elle a essayé de se suicider. Petit à petit, Montag va commencer à s’interroger sur la société dans laquelle il vit, sur son métier de pompier et sur les livres.

Il doit y avoir quelque chose dans les livres, des choses que nous ne pouvons pas imaginer, pour amener une femme à rester dans une maison en flammes ; oui, il doit y avoir quelque chose. On n’agit pas comme ça pour rien. (p.78)

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L’histoire est bien rythmée et efficace, et l’action se met très rapidement en place. Les événements et différentes étapes s’enchaînent de telle sorte qu’elles ne laissent pas au lecteur le temps de s’ennuyer. J’ai beaucoup apprécié ce dynamisme, qui m’a beaucoup aidée à m’imprégner de l’histoire et à entrer dans le récit -beaucoup de choses se passent en 200 pages ! La critique de la société est très intéressante et nous invite forcément à nous interroger sur le monde dans lequel on vit -on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser à 1984 d’Orwell, publié quelques années plus tôt. Enfin, l’évolution du personnage de Montag est passionnante à suivre ; on s’identifie facilement à lui et on s’inquiète de savoir s’il va s’en sortir.

Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de “faits”, qu’ils se sentent gavés, mais absolument “brillants” côté information. Ils auront alors l’impression de penser, il auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C’est la porte ouverte à la mélancolie. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter, et la plupart des hommes en sont aujourd’hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle à calcul, de mesurer, de mettre l’univers en équations, ce qui ne peut se faire sans que l’homme se sente solitaire et ravalé au rang de la bête. Je le sais, j’ai essayé. (p.90)

Bref, tous les éléments sont réunis pour que Fahrenheit 451 soit une très belle lecture. C’est un livre passionnant, qui fait beaucoup réfléchir, qui délivre un message très fort et qui est en plus très accessible. Je ne peux que vous le conseiller, et je suis ravie de commencer à découvrir la science-fiction par cet ouvrage. Et si vous aussi vous aimez les livres, Ray Bradbury nous donne ici une raison de plus de les aimer ; il nous rappelle quelle est leur valeur et leur pouvoir. C’est finalement un livre que j’ai dévoré en très peu de temps et que j’ai adoré. Je suis très contente d’avoir enfin pris le temps de le lire et ai hâte de continuer à explorer l’univers des littératures de l’imaginaire.

A41573451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement poursuivi par une société qui désavoue son passé.

Avez-vous lu Fahrenheit 451 ? Quel est votre livre de science-fiction préféré ? Lesquels me recommanderiez-vous ?

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10 commentaires sur “Fahrenheit 451 [Ray Bradbury]

  1. Un classique qui me fait peur (va savoir pourquoi!) mais que j’aimerais lire. Les thèmes abordés ont l’air très bien exploités et ton billet m’a conquise!
    Je ne suis pas très fan de science-fiction mais comme tu dis, c’est parfois bien de sortir de sa zone de confort et de découvrir des pépites!

    1. Je ne suis pas fan de science-fiction non plus à la base, franchement ça me fait aussi un peu peur ! C’est pour ça que je choisis de commencer par des classiques, je me dis qu’ils ont fait leur preuve et que je ne prends pas trop de risques. Il m’a fallu du temps pour franchir le pas mais j’espère que maintenant je vais pouvoir découvrir l’univers de la SF et du fantastique en général, j’ai l’impression de me restreindre pas mal en n’en lisant pas du tout. J’espère que tu auras l’occasion de découvrir ce livre, peut-être pas tout de suite mais plus tard (pas d’urgence de toute façon), il est vraiment très chouette et je pense que c’est un excellent livre de SF pour commencer, il n’est pas impressionnant et très facile à lire, et l’histoire est hyper percutante !

  2. Je l’ai lu cet hiver et il m’a tout à fait marquée ! J’ai vraiment aimé ce rappel final sur l’importance de l’écrit et de la mémoire des hommes. Pour moi cela reste un livre indispensable, parce que très humaniste (et passionnant !)

    1. Ah mince, dommage en effet ! Je l’ai trouvé assez actuel personnellement, je n’ai pas été choquée par le côté daté. Ca ne peut pas le faire avec tous les romans 😉

  3. “Et bien, dit-elle, j’ai dix-sept ans et je suis folle. Mon oncle affirme que les deux vont toujours ensemble. Lorsqu’on te demande ton âge, m’a t-il dit, réponds toujours que tu as dix-sept ans et que tu es folle.”
    J’avais adoré ce livre ! Et pourtant, je suis loin d’être une fan du genre… Je pense à l’occasion faire un article sur toutes mes dystopies préférées (que des classiques ou presque). La dernière que j’ai lue et qui était juste géniale : The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood, ou La Servante Ecarlate en français. Pour l’avoir étudié en littérature pendant un semestre, c’est une oeuvre fabuleuse !

    1. Ah en effet c’est une citation super chouette, elle est assez mémorable ! Je serais trop curieuse de voir ton article sur les dystopies, ça m’intéresse d’autant plus si tu parles de classiques. Je n’ai pas lu de Margaret Atwood encore mais il faut… j’ai trop envie de la lire et de lire ce livre justement ! (j’ai trop envie de lire the blind assassin aussi…). Franchement ce serait top que tu fasses un article sur tout ça, j’adorerais 🙂

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