Je suis Rio

Hello,

Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de littérature brésilienne ! Je reviens aujourd’hui pour vous parler de Je suis Rio, un recueil de nouvelles publié par les éditions Anacaona.

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23 nouvelles et 2 bandes-dessinées écrites par 20 auteurs brésiliens contemporains sont réunies dans ce recueil, et ce 25 histoires sont toutes aussi différentes les unes que les autres : tandis que certaines rendent hommage à la ville de Rio de Janeiro, d’autres dénoncent ses inégalités, sa corruption et son injustice, racontent les espoirs et les difficultés de ses habitants ou dérivent une scène qui pourrait se dérouler pendant le carnaval. Ces nouvelles sont pleines de vie, colorées, révoltantes ou amusantes. Elles nous racontent des quotidiens difficiles ou pleins d’espoirs, où la pauvreté ou les saraus rythment la vie des cariocas et où la plage d’Ipanema est le décor de beaucoup des scènes de ces nouvelles.

Sa maman lui a dit que la mer était bleue, qu’il y avait des poissons dedans, qu’il y avait la mer tout autour du Brésil, que le pays dans lequel elles habitent s’appelle le Brésil, qu’elle est carioca parce que c’est comme cela qu’on appelle ceux qui sont nés à Rio de Janeiro, qu’il y a beaucoup de plages à Rio de Janeiro, et qu’elles, elles habitent à Rio de Janeiro mais très loin de la plage. Du haut de ses quatre ans, Rayanne ne connaît pas encore les couleurs. La mer bleue, c’est très abstrait pour elle, comme tout le reste des choses qu’elle ne connaît pas, mais malgré tout, elle adore. La mer lui fait penser au regard passionné de cet homme qui parlait. Depuis ce jour, chaque fois qu’elle pense un tout petit peu à son père, elle pense à cet homme qui parlait de la mer. (Sans-terre à la mer, Geovani Martins, p.156)

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J’ai trouvé ces textes très justes, jamais manichéens et très équilibrés. Mes textes préférés sont d’ailleurs la bande-dessinée d’André Diniz (j’ai beaucoup aimé son dessin), Rêves de carnaval de Lucia Bettencourt, De l’autre côté de la flaque de Rodrigo Santos, Uniforme de Raquel de Oliveira, Presque de la famille de Joana Ribeiro et J’ai mis ma peur de côté pour être heureuse de Yolanda Soares (pour ne citer qu’eux !). Ces six histoires sont celles que j’ai trouvées les plus marquantes et les plus abouties, les plus originales aussi.

Nous entrâmes dans cet espace culturel aussi extraordinaire et incroyable que le propre téléphérique. La périphérie immense de Rio de Janeiro s’étalait à nos pieds… J’étais aux anges. La vue était fantastique, et notre sarau avait lieu dans une bibliothèque. De l’une des baies vitrées, on pouvait reconnaître la route par laquelle les voyous s’étaient enfuis de l’Alemão en direction de la favela de Penha, lors de l’occupation policière. C’était gratifiant de voir qu’à l’endroit où il n’y avait encore récemment que violence et guerre, il y avait désormais liberté et culture. (J’ai mis ma peur de côté pour être heureuse, Yolanda Soares, p.203)

Je ne le dirai jamais assez, mais les livres des éditions Anacaona et tout particulièrement leurs trois recueils Je suis favelaJe suis toujours favela et maintenant Je suis Rio sont parfaits pour découvrir la littérature brésilienne, s’en faire une idée et avoir un premier aperçu des auteurs brésiliens contemporains. Je suis Rio ne m’a pas déçue, j’ai beaucoup aimé me replonger dans la littérature brésilienne grâce à des nouvelles et j’ai découvert de nouveaux auteurs que j’espère retrouver rapidement.

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25 nouvelles, dont deux bandes dessinées, et un mini-guide.

Des nouvelles sur Rio de Janeiro par ceux qui y vivent, ceux qui la vivent.

Un collectif d’auteurs éclectique, des femmes, des hommes, issus des favelas ou des beaux quartiers, novices ou confirmés, et réunis autour d’une ville, paradis pour certains, cauchemar pour d’autres – mais mythique, sans aucun doute.

À l’image du Christ Rédempteur qui surplombe la ville, ils vous tendent les bras.

Ce recueil de nouvelles sur la ville de Rio de Janeiro pourrait-il vous intéresser ? Avez-vous entendu parler des recueils Je suis favela et Je suis toujours favela ?

 

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6 commentaires sur “Je suis Rio

    1. Il est très chouette, comme les autres titres “Je suis favela” et “Je suis toujours favela” d’ailleurs ! Je n’ai jamais été déçue, les nouvelles sont excellentes pour découvrir de nouveaux auteurs, et hyper bien écrites ! Fonce si ça t’intéresse 🙂

  1. C’est la première fois que je découvrais les éditions Anacaona et j’ai vraiment aimé Je suis Rio. J’ai trouvé toutes les nouvelles poignantes et très vraies. Je pense retenter l’aventure avec ces éditions.

    1. Oh trop chouette, je t’avoue que ça me fait trop plaisir de lire ça parce que j’adore cette maison d’édition et ce qu’ils font ! Je n’ai jamais été déçue, leurs livres sont vraiment excellents ! Si tu as aimé Je suis Rio, tu peux continuer dans la même veine avec Je suis favela, ou alors découvrir des livres de leurs auteurs phares ! Ceux de Conceição Evaristo sont superbes 😉

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