Sur le mont Gourougou [Juan Tomas Avila Laurel]

Cette année, je vais essayer de lire une petite dizaine de livres sortis à l’occasion de la rentrée littéraire, et il est donc grand temps que je commence à vous parler de mes premières lectures. Avec Sur le mont Gourougou, je déclare donc ouverte la série des articles sur la rentrée littéraire !

À la frontière entre le Maroc et l’Espagne, à un pas du « rêve européen », les migrants venus d’Afrique se rejoignent sur le mont Gourougou : ils s’y racontent leurs parcours, leurs histoires de famille et les raisons qui les ont poussés à quitter leur pays au rythme de la palabre traditionnelle.

Bonjour monsieur. On ne se connaît pas, mais je suis venu te voir car je dois t’expliquer ce qui se passe là-haut, tout près d’ici. Nous sommes environ cinq cents noirs, tous africains, et nous voulons vivre, tu comprends ? Nous voulons vivre. Et vivre, chez les Africains, est une affaire sérieuse, parce que c’est souvent très difficile, et beaucoup de gens y arrivent à peine. Nous nous trouvons dans un endroit qu’on appelle le Gourougou, nous sommes divisés e plusieurs groupes selon les langues, deux principalement : il y a ceux qui parlent français et ceux qui parlent anglais. Mais il y en a d’autres plus petits, qui rassemblent tous ceux qui parlent uniquement leur langue, celle de leur village. Et nous passons nos journées à jouer au football, très souvent avec des ballons plus petits qu’une grosse orange. Nous avons besoin de manger, tu comprends, monsieur ?

Juan Tomas Avila Laurel donne la parole aux migrants ; les dialogues sont au cœur du texte, la langue est chantante et imagée, et les pensées des personnages nous sont livrées sans fard. Les histoires de vie sont évidemment touchantes, les épreuves qu’ils traversent douloureuses mais, malgré cela, j’ai trouvé que les personnages de ce roman manquaient d’un peu de personnalité : je n’ai pas réussi à m’y attacher. De manière plus générale, Sur le mont Gourougou manque pour moi d’un peu de charme et de « peps ». L’intrigue n’a pas décollé, je n’ai pas réussi à m’en imprégner et j’ai même parfois eu du mal à y trouver de l’intérêt.

Là où je suis né, on devient adulte en découvrant que les jeux sont déjà faits, que les histoires sont déjà racontées et les interdictions, déjà proférées.

Enfin, j’ai quand même passé un bon moment lors de cette -courte- lecture (117 pages !), mais je crains que ce roman ne me reste pas si longtemps en mémoire. À choisir, je lui ai largement préféré Les ÉchouésPensez-vous que ce roman pourrait vous plaire ? Connaissez-vous d’autres romans qui parlent de l’immigration ?

À la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla s’élève le mont Gourougou, où sont réfugiés des centaines de migrants d’Afrique noire attendant d’entrer en Europe. Ce roman nous fait entrer dans l’intimité d’un de ces groupes, qui s’est constitué au hasard des périples de ses membres. De cette communauté improvisée, on découvre l’organisation du quotidien, les histoires échangées pour tromper l’ennui, les vices, les jeux, mais aussi la lutte pour la survie face aux autorités. Ainsi que les dissensions qui voient le jour quand les uns tirent profit de la faiblesse des autres, notamment des quelques femmes du camp… Texte puissant, Sur le mont Gourougou évoque l’immigration africaine en Europe en donnant la parole aux migrants eux-mêmes, les laissant évoquer leurs trajectoires.

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