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Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles [Zeina Abirached]

Hello,

Je continue tout doucement à découvrir Zeina Abirached (pour qui j’ai eu un énorme coup de coeur avec Le Piano oriental) et vais donc vous proposer une autre de ses bandes-dessinées : Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles. Hop, direction Beyrouth !

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Un soir de l’année 1984 à Beyrouth Est, Zeina Abirached et son frère attendent leurs parents qui sont partis rendre visite à leurs grands-parents, à quelques rues -à peine- de là où ils habitent. C’est alors que des bombardements empêchent le couple de revenir, contraignant ainsi les deux enfants à se réfugier, avec leurs voisins, dans la pièce la plus sûre de l’immeuble : l’entrée de leur appartement. Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles raconte ainsi l’histoire de cette nuit, l’attente du retour des parents avec pour bruit de fond le son des bombes qui tombent sur Beyrouth.

On retrouve dans cette bande-dessinée tout le panel de personnages de Zeina Abirached (Ernest et Choucri, notamment) et tout son univers : l’architecture soignée des immeubles, les décors réguliers aux angles arrondis, la bienveillance des personnages… si bien que, malgré l’angoisse et la menace qui planent sur l’intrigue, replonger dans une BD de Zeina Abirached a été pour moi un vrai moment de bonheur. Pour rendre l’attente moins longue, les personnages s’efforcent de créer des petits moments de joie : faire un gâteau, réciter des répliques de Cyrano de Bergerac, se remémorer des souvenirs de jeunesse… on en oublie presque qu’à Beyrouth “on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité”.

Je ne suis plus à convaincre, Zeina Abirached fait aujourd’hui partie de mes auteurs de BD préférés. J’adore son univers, et c’est à chaque fois un plaisir de revenir à ses personnages et à leur quotidien. Malgré la détresse de la situation décrite dans Mourir, partir, revenir, ce sont quand même les petits moments de bonheur, les petites victoires du quotidien et tout le charme des personnages que l’on retient. Zeina Abirached a pour moi ce don de réenchanter ses souvenirs, de les rendre vivants et de sublimer le Beyrouth de son enfance, malgré la guerre.

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la bd de la semaine_ulostcontrolAvec cette bande-dessinée sur le Beyrouth de son enfance, Zeina Abirached réussit une fois de plus à nous donner le sourire malgré une intrigue angoissante. Grâce à des personnages plein de charme et attachants et aux petites interruptions qu’elle fait dans son récit, l’auteure donne une petite toute de légèreté et de douceur à ses souvenirs d’enfance.

mourir partir revenir le jeu des hirondelles zeina abirachedEn avril 2006, sur le site internet de l’institut national de l’audiovisuel (INA), je suis tombée sur un reportage tourné à Beyrouth en 1984. Les journalistes interrogeaient les habitants d’une rue située à proximité de la ligne de démarcation, qui coupait la ville en deux. Une femme, bloquée par les bombardements dans l’entrée de son appartement, a dit une phrase qui m’a bouleversé : “Vous savez, je pense qu’on est quad même, peut-être, plus ou moins, en sécurité, ici.” Cette femme, c’était ma grand-mère.

Je participe cette semaine au rendez-vous “la BD de la semaine”. Retrouvez les bandes-dessinées des autres participants sur le blog de Noukette.

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14 thoughts on “Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles [Zeina Abirached]

  1. Bonjour Charlotte,
    Tu m’as donné envie de découvrir cette auteure. La bibliothèque de ma ville propose certaines de ses BD, elles feront partie de mes prochains emprunts.
    Bonne journée.

    1. Ca me fait trop plaisir, Zeina Abirached est une auteure que j’aime vraiment énormément ! Je viens de voir que tu avais déjà lu deux de ses bouquins, c’est vraiment chouette 🙂 J’espère que tu pourras lire aussi Le Piano oriental, qui est magique !

  2. J’avais eu du mal à accrocher avec ce témoignage, trouvant difficile d’entrer dans la lecture, ne parvenant pas à m’appuyer sur le rythme narratif. Mais ma lecture date. Depuis, j’ai eu l’occasion de lire quelques interviews et de découvrir “Le piano oriental”. Je pense que ma lecture de “Mourir, partir…” serait tout autre aujourd’hui. Je regarderai si je le trouve en biblio

    1. Ah c’est dommage ! J’ai peut-être eu de la chance de commencer avec Le Piano oriental, même si je pense que Mourir, partir… m’aurait plu même si c’était mon premier de l’auteur ^^ Je crois que je l’aime trop haha !

  3. Comme à chaque fois, tu me donnes terriblement envie de lire plus de bandes dessinées ! Je crois avoir vu Le Piano Oriental à la médiathèque, il faudrait que je regarde s’il y est encore – et que je l’emprunte !
    Je ne savais pas qu’il y avait un vrai rendez-vous “La BD de la semaine !” Il va falloir que je regarde ça de plus près…

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