Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur [Harper Lee]

Hello,

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur fait partie de ces classiques qu’on connaît déjà sans avoir lu. Sans même les avoir ouverts, on sait qu’ils vont être bouleversants, qu’ils vont nous chambouler et peut-être même nous changer.

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Nous sommes dans les années 30 en Alabama, Jem et Scout ont 10 et 6 ans et habitent avec leur père Atticus dans un quartier tranquille de la ville de Maycomb. Petite fille intelligente, curieuse et perspicace, Scout est la narratrice du roman en plus d’en être l’un des personnages principaux. Avec les yeux d’une enfant, elle nous raconte plusieurs années de son enfance et les événements qui l’ont marquée. Si Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est l’histoire du procès de Tom Robinson, un Noir accusé d’avoir violé une Blanche et dont l’avocat commis d’office n’est autre que le père de Jem et Scout, c’est avant tout l’histoire d’une enfance, d’un apprentissage de la vie.

L’histoire met un petit moment avant de démarrer, et on s’attend beaucoup trop tôt à voir surgir l’homme présumé coupable que doit défendre Atticus. À l’instar du père qui prépare petit à petit ses enfants à affronter les insultes qu’ils vont probablement subir, Harper Lee prend le temps de bien présenter le décor, le contexte, les personnages et les mentalités avant de braquer ses projecteurs sur le procès de Tom Robinson. On a donc tout le temps de s’attacher à Jem et Scout, d’apprendre à les découvrir et de rire de leurs espiègleries.

“Mais comment pourrais-je regarder mes enfants sinon ? Tu sais aussi bien que moi ce qui va se passer, Jack ; j’espère et je prie pour que Jem et Scout traversent cette épreuve sans trop d’amertume et, surtout, sans attraper la maladie chronique de Maycomb. Je ne comprendrai jamais comment des gens sensés peuvent devenir complètement fous dès qu’un Noir est impliqué dans une affaire. J’espère seulement que Jem et Scout s’adresseront à moi quand ils se poseront des questions, au lieu d’écouter les rumeurs de la ville. J’espère qu’ils me font assez confiance…” p.141

Pour introduire les sujets de la ségrégation et du racisme, Harper Lee interroge d’abord le lecteur sur les thèmes de la peur, de l’éducation, de la responsabilité, de la conscience et de la capacité à prendre des décisions de manière autonome. Si l’introduction de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur peut nous paraître assez longue a priori, on comprend en refermant le roman quelle importance elle avait en réalité et à quel point elle donne du sens et de la profondeur au roman.

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“J’ai entendu dire que les enfants d’avocats commettaient l’erreur, en voyant leurs parents dans le feu des débats à l’audience, de prendre la partie adverse pour l’ennemi personnel de leurs parents, de souffrir le martyre et d’être surpris de les voir souvent ressortir bras dessus bras dessous avec leurs persécuteurs à la première suspension d’audience. Ceci n’était ni le cas de Jem ni le mien. Nous n’étions pas traumatisés de voir notre père gagner ou perdre. Je regrette de ne pouvoir épicer ainsi mon récit mais, si je le faisais, cela ne serait pas exact.” (p.267)

Vous n’avez sûrement pas attendu ma chronique pour lire le roman de Harper Lee, et vous avez bien eu raison. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un roman merveilleux dont on apprend beaucoup de choses. Porté par la voix pure et attachante de Scout, il est le témoin d’une époque autant qu’il s’inscrit dans l’éternité. Si ce n’est pas déjà fait, je ne peux donc que vous encourager à découvrir ce roman criant de vérité ! L’histoire de Jem et Scout est inoubliable et fait définitivement partie de celles qui nous marquent pour toujours. On en ressort grandi, et inspiré par le message que nous fait passer Harper Lee.

Avez-vous déjà lu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ? Fait-il partie de vos classiques ?

ne tirez pas sur l oiseau moqueur harper leeDans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court storyaméricaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

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16 commentaires sur “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur [Harper Lee]

  1. En effet, je crois que ce livre fait partie de mes classiques et je suis contente de lire qu’il t’a plu :-)! J’y suis particulièrement attachée, et c’est vraiment le livre que je pourrai conseiller à TOUT le monde.

  2. Un classique qui mérite selon moi les éloges que l’on a pu lui faire ^^ Un très bon roman, témoignage d’une époque dont je garde un très bon souvenir !

    1. Je suis tout à fait d’accord. C’est assez rare de voir un classique aussi abordable et qui fait autant l’unanimité d’ailleurs j’ai l’impression. Je suis très contente de l’avoir enfin lu 🙂

  3. Je l’ai lu il y a quelques années, et autant dire qu’il m’avait laissé un souvenir impérissable. Je l’avais adoré ! Et depuis je ne cesse de dire qu’il faut que je le relise… quand j’aurai le temps !

    1. Je pense que c’est typiquement le genre de livre qui se relit une fois de temps en temps, je suis déjà quasiment certaine d’y voir des choses de nouveau pendant ma prochaine lecture !

  4. Je viens tout juste de le finir! Je l’ai beaucoup aimé. Il est bien mené, la narration est originale et les métaphores sont subtiles. Par contre, je m’attendais à ce qu’il soit un peu plus “engagé”. Par exemple, je pensais que le procès prendrait une place un peu plus importante dans l’histoire…

    1. Pareil, je pensais que l’histoire de la défense de Tom Robinson aurait beaucoup plus d’importance dans le livre, dans ma tête c’était vraiment centré là-dessus. Après ma lecture, je trouve que finalement c’est l’élément qu’on retient le plus, et tout dans le roman, le début et la fin, tend vers cette scène centrale. Même si j’ai trouvé le livre lent à démarrer au début, je me suis rendue compte finalement que c’était nécessaire de tout bien mettre en place avant de commencer. Je trouve la construction du roman très intéressante et très bien pensée au final !

  5. Ce roman me fait tellement envie, et pourtant je repousse sans cesse sa lecture …
    Le thème de la ségrégation raciale aux USA est particulièrement intéressant et touchant et j’avais d’ailleurs eu un coup de coeur pour ”La Couleur des Sentiments”. Il faudrait vraiment que je me fasse une sorte de programme pour lire tous les classiques américains incontournables, j’ai beaucoup trop de retard !
    Très belle chronique en tout cas 🙂

    1. Merci 🙂 J’ai abandonné l’idée de me faire des listes de classiques à lire, je commence à me faire à l’idée que ce sera impossible de tout lire… Je n’ai d’ailleurs toujours pas lu La Couleur des sentiments ! En revanche, j’ai lu La Colline aux esclaves récemment qui est vraiment génial dans ce thème là si ça te dit ! Il est vraiment top 🙂

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