Ping-Pong [Zviane]

Hello,
 
Lors de mon séjour à Québec City, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller faire un tour dans une librairie juste en bas de l’hôtel pour demander des conseils en matière de BD québécoise. En plus d’y avoir été super bien reçue, j’en suis repartie avec trois livres sous le bras, dont Ping-Pong.

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Le moins que l’on puisse dire est que Ping-Pong est une BD  très atypique. Sur environ 160 planches, l’auteure québécoise Zviane nous parle du processus de création. Bien que le sujet soit plutôt axé sur la création d’une bande-dessinée, Zviane n’hésite pas à comparer ce processus à celui de la création musicale. En effet, titulaire d’un baccalauréat en musique et ancienne étudiante en maîtrise dans le même domaine, l’auteure est plutôt bien placée pour nous parler de cet art et pour nous en décrire presque toutes les ficelles.Et que c’est riche ! Intéressant, complet, captivant,… je ne sais plus quel mot utiliser pour décrire Ping-Pong. L’auteure détaille la création et l’analyse avec justesse, nous explique son point de vue et la perception qu’elle en a, les différentes étapes par lesquelles elle est passée au cours de ses études, les difficultés qu’elle a rencontré lorsqu’elle a voulu se lancer dans le dessin… J’ai vraiment adoré cette plongée dans le processus de la création, les théories et méthodes d’analyses qu’elle nous explique. Je ne pouvais pas m’empêcher de prendre des notes à chaque page pour aller plus tard me renseigner sur toutes ces références. Le personnage qu’elle s’est créé est absolument génial à suivre et fait preuve d’un recul très intéressant et enrichissant sur son apprentissage.

Publié une première fois en novembre 2014 en autoédition, Ping-Pong a été republié un an plus tard par la maison d’édition Pow-Pow ; et ce qui est particulièrement intéressant dans cette réédition, c’est qu’elle est enrichie des commentaires de l’auteur un an plus tard. La bande-dessinée se présente alors de façon plutôt étonnante : les planches originales sont en noires, et les remarques postérieures de Zviane en vert. Bonus non-négligeable (voire capital) à cette réédition : ce ne sont pas moins de 19 auteurs qui ont eux aussi apporté leur pierre à l’édifice en commentant certains passages des planches initiales. Finalement, tout ça nous donne un joyeux melting-pot terriblement intéressant pour en savoir plus sur la façon dont les auteurs de bande-dessinée créent leurs livres.

Tout cela est raconté avec beaucoup d’humour, le trait de Zviane est simple et efficace, bourré d’autodérision et d’humilité. Si vous vous attendez à trouver de l’émotion et des sentiments exacerbés à l’excès ici, vous n’êtes définitivement pas au bon endroit. En revanche, si vous chercher une BD intelligente et dont vous avez envie de ressortir moins bête, je ne crois pas avoir lu mieux que Ping-Pong.

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Ping-Pong est une petite pépite et une grosse découverte que je ne suis pas prête d’oublier ! Si l’émotion n’est pas au centre du récit, c’est une bande-dessinée qui nous en apprend énormément et dont on ressort définitivement moins bête. Bref, le genre de BD qu’on aimerait lire plus souvent.

 

zviane_ping pong_ulostcontrolPing-pong, « ça parle euh… des arts? C’est comme une espèce d’essai, y a vraiment vraiment beaucoup de texte ». C’est aussi un projet que Zviane a d’abord publié en ligne avant d’en faire un fanzine autoédité dont les 500 exemplaires se sont écoulés vraiment vraiment vite. Ce que vous tenez entre vos mains fébriles, c’est la version augmentée et, surtout, commentée de Ping-pong. Ça veut dire que c’est plus qu’un livre. C’est un espace commun de réflexion où tout le monde se renvoie la balle.
 
Je participe aujourd’hui au rendez-vous de la BD de la semaine. Allez voir les lectures des autres participants sur le blog de Noukette ! Avez vous lu Ping-Pong ou une autre bande-dessinée de Zviane ? Connaissez-vous d’autres auteurs québécois ?

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6 commentaires sur “Ping-Pong [Zviane]

  1. C'est hyper intéressant ton article et la BD. J'espère qu'on peut la trouver en France !
    Ce que j'aime aussi c'est la valeur ajoutée de l'éditeur sur la première version auto-éditée, ça apporte un vrai + apparemment et ouvre d'autres portes sur l'évolution du monde de l'édition.

  2. Ce titre de Zviane me tente moins que ceux qui racontent une histoire mais je me doute que je finirai par le lire. J'aime ce que fait Zviane et il faut que je devienne moins bête ! Sur mon blog, j'ai commenté "Les deuxièmes" et "Apnée", deux très bels albums ! P.S.: J'ai hâte de voir quels sont les 2 autres livres avec lesquels tu es repartie de la librairie de Québec 🙂

  3. D'après ce que m'a dit la libraire, les éditions Pow Pow ne sont pas hyper développées en France, ils ont plutôt choisi de se développer aux US par la traduction. Mais ce n'est pas non plus impossible à trouver 😉
    J'adore cette réédition aussi, un peu façon "anecdote", ça donne l'impression d'être plongé à la fois dans le livre mais aussi dans sa création et tout le processus éditorial qui l'entoure, c'est HYPER intéressant !

  4. Je ne la connaissais pas du tout avant que la libraire m'en parle (même de nom) mais ce premier titre m'a donné très envie de continuer à la découvrir. Les Deuxièmes a l'air suuuper chouette, dès que je le croise j'hésite trop à l'acheter ^^
    De la librairie je suis donc repartie avec Ping-Pong, le premier tome du Domaine Grisloire de Michel Falardeau et le premier tome de Mauvais Printemps de Sophie Bédard ! Je parlerai des deux autres une fois que j'aurais fini les sagas je pense (je guette désespérément le deuxième tome du Domaine Grisloire mais impossible de mettre la main dessus, c'est rageant !)

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