Pourquoi lire Sunny ?

Il y a quelques mois, je vous parlais des avantages à s’inscrire en bibliothèque, des découvertes inattendues qu’on peut y faire et de cette zone de confort dont elle nous sort. Sunny en est, pour moi, l’exemple idéal : je ne lis jamais de manga, j’ai des difficultés à en choisir un par moi-même et je n’ai jamais entendu parler de Taiyou Matsumoto. Pourtant, il n’a suffit que d’un tome estampillé “nouveauté” et mis en avant dans ma bibliothèque de quartier pour piquer ma curiosité : c’était le début d’une grande histoire d’amour. À moi maintenant de vous donner 5 arguments pour vous convaincre de découvrir cette formidable saga !

Un centre d’accueil pour enfants en difficulté sociale abrite des personnalités fort différentes, mais tous portent en eux une solitude qu’ils gardent au fond de leur coeur. Leur lieu de prédilection : une vieille Nissan “Sunny”. L’endroit où tout devient possible, où l’imaginaire n’a plus de limites !

Des personnages principaux qui collent à la peau

Dans Sunny, Taiyou Matsumoto nous raconte l’histoire d’enfants vivant dans un foyer d’accueil parce que leurs parents ne peuvent plus s’occuper d’eux ; les personnages principaux sont donc des petits garçons et des petites filles d’environ 10 ans. À quel point leurs traits de caractère sont-ils influencés par leur histoire personnelle ? Difficile de le dire avec précision, mais le fait est qu’ils ont tous des personnalités originales et très attachantes. Tous ces personnages sont pleins de surprises, spontanés, authentiques. Je trouve que ça assez rare de sentir autant de sincérité chez des personnages de fiction : les portraits de Haruo, Sei, Kenji, de Megumu et des autres sont si bien élaborés que j’ai eu beaucoup de mal à m’en détacher. Ça a été assez déchirant de terminer la série et de ne plus avoir de nouvelles de ces enfants.

Un univers onirique

L’univers de Sunny est très poétique. Cela tient non seulement du rythme, qui est lent et qui permet à l’auteur de s’attarder sur des passages particuliers, et aussi des scènes dessinées par l’auteur. La voiture dont est tirée le titre du manga, la vieille Sunny jaune qui rouille peu à peu dans le jardin du foyer, permet ainsi à l’auteur de représenter tous les rêves et espoirs des enfants sans s’imposer les contraintes de la vraisemblance ou du réel. Mais la poésie ne s’arrête pas là : on en trouve aussi dans toutes les scènes du quotidien, dans les dialogues insignifiants, dans les colères des personnages et dans les moments d’attente. Certaines scènes tiennent même du rêve, je pense notamment à celles avec Tarô, un géant assez taciturne. Elles sont soit tellement belles qu’elles semblent tirées d’une scène de cinéma, ou tellement étranges qu’on n’est pas certain qu’elles ont vraiment lieu.

Des thèmes universels abordés sous un angle original

Si je devais résumer Sunny en trois thèmes, je dirais “enfance“, “amour” et “abandon“. Ce sont trois thèmes auxquels tous les lecteurs peuvent s’identifier puisqu’ils nous touchent tous d’une manière ou d’une autre, mais abordés ainsi et combinés ensemble, ils forment une histoire originale et qui nous donne à voir de nouvelles dimensions à chacun de ces thèmes. La patience et l’attente sont deux autres thématiques fortes de cette saga. À titre personnel, ce sont deux sujets qui m’intéressent beaucoup et que je trouve très intéressants en littérature. Je trouve le thème du temps fascinant et Taiyou Matsumoto le traite de manière originale dans sa saga.

Un rythme qui permet de savourer chaque seconde

Je vous parlais un peu plus haut de la poésie que l’on trouve dans cette saga et de la thématique du rapport au temps abordée par l’auteur : le rythme de l’histoire me semble à ce titre être un élément clé de Sunny. Certaines scènes passent rapidement, plusieurs semaines sont parfois passées entre deux pages, alors que certaines minutes semblent durer le temps de quelques planches. Le temps n’est pas linéaire, et cela se ressent dans le rythme que donne Taiyou Matsumoto à son histoire. Les notions de rentabilité, d’efficacité et de productivité sont complètement absentes de Sunny et j’ai adoré ce rythme lent et calme choisi par l’auteur. Cela permet d’apprendre à bien connaître les personnages, de s’attarder sur de belles scènes et de prendre le temps de savourer sa lecture. Un vrai bonheur !

Un registre aussi poétique qu’élégant

Finalement, toutes ces raisons semblent se condenser en une seule (en mode un anneau pour les gouverner tous, non ?)Sunny est un manga classe, élégant et tout en finesse. Tout en sensibilité et en délicatesse. Le temps d’une lecture, on respecte chacun des personnages, on est patient avec chacun d’entre eux, on ne se laisse pas aller à des préjugés et on apprend tout simplement à faire preuve de bienveillanceSunny est pour moi une saga qui parvient à élever le lecteur, à le rendre meilleur et à éveiller en nous des sentiments positifs. Une belle et “noble” lecture en tous points.

Est-ce vraiment utile de conclure en disant que Sunny est un de mes plus gros coups de cœur de l’année ? Bon, d’accord, on n’est qu’en juin, mais j’ai tellement aimé ces personnages, l’univers poétique et les dessins doux et subtils de l’auteur que je ne prends franchement pas beaucoup de risque à l’affirmer dès à présent. Cette saga est un concentré d’émotions et de sensibilité, c’est une petite pépite et j’aimerais que vous puissiez tous la découvrir ❤

Connaissez-vous Sunny ou d’autres livres de Taiyou Matsumoto ? Lisez-vous des mangas ? Pour quel livre avez-vous eu un gros coup de cœur de ce style dernièrement ?

Vous aimerez peut-être aussi

19 commentaires sur “Pourquoi lire Sunny ?

  1. Je lis peu de mangas. Je n’ai lu que la série Orange (qui compte 5volumes) qui fut un gros coup de coeur. Et j’ai lu un volume de One Piece, mais je ne poursuivrai la série que si je trouve les volumes disponibles à la bibliothèque. C’est difficile de se lancer dans des manga sans avoir de conseil, je trouve, quand on n’est pas familier avec l’univers. Tu m’as convaincue avec ta chronique, je vais noter le titre dans un coin et si je trouve ce manga à la bibliothèque, je l’emprunterais 🙂

    1. Je n’ai pas lu les Orange mais les couvertures sont assez attirantes ! Ca parle de quoi ?
      Je trouve ça hyper difficile de lire un manga sans avoir été conseillée aussi, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai profité de la bibliothèque ici ! Ca m’a bien aidée !

      1. Orange, c’est l’histoire d’une lycéenne qui reçoit une lettre d’elle-même, mais du futur. Elle lui parle d’un nouvel élève avec qui elle va devenir ami. C’est une belle histoire sur l’amitié. J’ai lu que certains lecteurs avaient été agacés par le comportement de Naho (le personnel principal) qui n’a pas confiance en elle et n’ose pas dire ce qu’elle pense. De mon côté ça ne m’a pas gênée et la série m’a beaucoup plu !

        Parfois je feuillette des mangas mais je ne sais jamais choisir. La bibliothèque c’est pas mal, ça évite d’acheter des volumes de séries qui au final ne nous plaisent pas.

        1. Ca a l’air plutôt chouette Orange, je vais voir si je ne peux pas le trouver en bibliothèque parce que, comme tu dis, ça me permet d’emprunter pas mal de bouquins sans les acheter au cas où ça ne me plaise pas :-p Merci beaucoup d’être revenue me raconter l’histoire en tout cas, ça me fait plaisir !
          D’ailleurs je viens juste de vérifier sur le site de ma bibli, ils l’ont et le premier tome est dispo en rayons, wouhou ! Prochaine fois que j’y vais je l’emprunte !

  2. Ah, j’avais repéré ce manga quand il est sorti en librairie mais je me demandais ce que c’était exactement, ta critique me donne envie de le lire (ce que tu en dit me fait un peu penser à Chiikasobé et Tokyo Kaido de Minetaro Mochizuki, même si l’histoire et l’ambiance ont l’air assez différentes, je ne sais pas si tu connais) !
    En général ça ne me gêne pas du tout qu’il n’y ait pas de suspens ou même d’histoire à proprement parler. D’ailleurs en y réfléchissant une bonne partie de mes mangas préférés sont dans ce cas…

    1. Je n’ai pas lu Chiikasobé et Tokyo Kaido non plus, mais les couvertures me donnent envie à chaque fois, je les trouve magnifiques ! J’hésite encore à me lancer… tu as aimé toi du coup ?
      Je trouve ça super agréable de lire une histoire sans suspens parfois, c’est ce qui détend le mieux, et ce qui transmet le plus d’émotions aussi je trouve.

      1. J’ai bien aimé Chiisakobé, je pense que tu peux aimer parce qu’il y a effectivement des similitudes avec Sunny (j’ai réussi à les emprunter en bibliothèque donc je suis en plein dedans), même si le type de dessin est radicalement différent ! C’est par contre plus une histoire à lire d’une traite que Sunny, les personnages deviennent vraiment attachant sur la vision d’ensemble, parce que le début peut sembler un peu froid.
        Je n’ai pas lu Tokyo Kaido par contre mais je pense m’y lancer quand le dernier tome sera paru, d’ici quelques mois.

        1. Je vais aller le chercher à la bibliothèque et le réserver du coup, ça me motive :p Je viens de voir qu’il était dans certaines bibliothèques, je vais attendre la rentrée du coup mais je vais le réserver en septembre, je suis trop curieuse de le lire ! Et je prendrai autant de tomes que possible du coup, merci pour tes conseils !

  3. Je lis aussi peu de mangas (ce n’est que cette année que j’ai découvert Taniguchi!) mais avec ce que tu dis de Sunny, j’ai envie de les avoir tout de suite! Ouf ils sont disponibles à la biblio 🙂

  4. Coucou ! Tu m’as trop donné envie de lire ce manga ! J’aime en lire de temps en temps :), plus que les bandes dessinées. J’avais vaguement entendu parler de ce manga mais j’ai hâte de savoir s’ils sont dispos à la bibliothèque 🙂

    1. Trop chouette 🙂 ca me fait très plaisir ! J’espère que tu auras l’occasion de le découvrir et qu’il sera disponible à ta bibliothèque. N’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé ensuite 🙂

    1. Coucou 🙂 Trop chouette, je suis ravie si ça t’a donné des idées de lectures, j’espère que tu auras l’occasion de découvrir cette série en tout cas, elle est géniale !

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.Les champs requis sont indiqués *